Ecoles de production Rouen / Evreux

Les Pays de la Loire s’engagent aux côtés des écoles de production

Développer les écoles de production dans chacun de ses cinq départements [1], telle est la nouvelle ambition de la Région Pays de la Loire. Une convention a été signée avec la Fédération nationale des écoles de production (Fnep).

 C’est en rappelant que la lutte contre le décrochage scolaire est l’une de ses priorités que le président du Conseil régional, Bruno Retailleau, a justifié l’arrivé du modèle rhônalpin en terre ligérienne : « Toutes les voies doivent être explorées pour atteindre cet objectif, et notamment le développement des écoles de production », a-t-il estimé. Pourquoi soutenir ces établissements privés d’enseignement technique ? À mi-chemin entre les lycées professionnels auxquels elles empruntent statut scolaire et site unique, et les CFA avec lesquels elles partagent les fondamentaux de l’alternance pédagogique, les écoles de production s’adressent notamment à des jeunes en totale rupture scolaire et sociale auxquels elles proposent de se former par une voie originale : centrées sur l’exécution de vraies commandes réalisées avec l’aide d’un « maître-professionnel », elles s’apparentent à des « écoles-entreprises » dont le principal avantage résiderait dans la responsabilisation des jeunes. En ligne de mire, donc, les quelque 4 000 jeunes de plus de 16 ans identifiés chaque année par les plateformes de suivi et d’appui aux décrocheurs des Pays de la Loire et, plus largement, les 27 000 jeunes Ligériens de 18 à 24 ans non diplômés et non scolarisés.

Multiplier les voies d’accès à la qualification

Signée le 28 octobre, la convention couvre la période scolaire 2016-2019 avec l’ambition de « développer au moins une formation de ce type sur chacun des cinq départements des Pays de la Loire ». L’objectif régional est fixé à 300 jeunes par an, à partir de 15 ans et en difficulté dans le système scolaire et sans qualification. Cinq cursus sont déjà accessibles à la rentrée 2016 : le CAP Préparation et réalisation d’ouvrages électriques à l’Icam de Nantes, le titre professionnel d’ouvrier du paysage au pôle de formation Briacé au Landrau, les trois premières années des titres professionnels d’agent d’entretien du bâtiment, d’ouvrier du paysage et d’agent de restauration en Vendée (groupe Etablières, La Roche-sur-Yon). Au-delà, la Région va prochainement statuer sur son accompagnement à l’Ecole de production d’Angers (Agapè Anjou) pour le lancement de deux formations de CAP cuisine et service-brasserie-café. Un projet de CAP serrurerie porté par l’Icam de la Roche-sur-Yon est également en cours d’étude à l’horizon de la rentrée 2017-2018. Le texte de la convention le précise, les écoles de production n’ont pas pour autant vocation à représenter l’unique solution aux jeunes en difficulté mais s’adressent plus particulièrement aux mineurs, « affectés de troubles "dys", voire de phobie scolaire, qui n’ont pas toujours la maturité ou le niveau en enseignement général pour réussir en apprentissage ou accéder à d’autres formes de formations (professionnelle continue, École de la deuxième chance, Epide...) ».

En termes financiers, l’engagement régional s’élève à 1,2 million d’euros par an sur la base de 35 classes de 8 à 10 élèves financées sur les 5 départements. À noter enfin qu’un plan régional d’actions de lutte contre le décrochage intégrant le développement des écoles de production devrait être présenté à l’Assemblée régionale en mars 2017.

  • Convention de partenariat entre la Région Pays de la Loire et la Fédération nationale des écoles de production pour le développement d’un réseau d’écoles de production en région Pays de la Loire : format PDF – 223 ko